3 mai 2017

Leçon d'économie multilingue

Viking n°1 passe son bac, ce qui ne semble pas l'émouvoir (mais en fait, si, un peu quand même) et me noue les tripes comme mon propre bac ne le fit pas (à la place, j'ai préféré me transformer en fraise géante le jour de mes oraux, mais c'est une autre histoire).

Tanné par ses Ténardier de parents qui, à tour de rôle, l'obligent à réviser le soir, après une heure de détente consacrée à l'extermination de virtuels ennemis, il travaille. Mais maugrée.

Peu charitable, Viking n°2, dont les cours s'arrêtent bientôt en raison de l'épreuve que s'apprête à subir son frère, se moque de lui.

- J'suis content d'avoir choisi espagnol et pas allemand, ça n'a pas l'air drôle à bachoter !

Viking n°1 assume ses choix :

- C'est sûr, toi, tu vas pouvoir aller travailler dans des pays en crise !

26 janvier 2017

Le boiteux

Viking n°2 sautille depuis plusieurs jours. Comme ça dure, je m'inquiète, l'envoie chez le médecin et récupère une sommation de m'occuper de mon fils. Le rapport de l'intéressé n'étant pas très clair et mon médecin, trop émotive, je jette :

 - j'appelle le Dr Viking
- Ta sœur ?
- Ma sœur s'y connait bien en dysplasie de la hanche... chez les dogues de Bordeaux. Je vais plutôt appeler S. (ma belle-soeur) qui, elle, est médecin, c'est mieux, non ?
- Oui, je préfère, surtout que le dogue de Bordeaux de ta sœur, il est toujours bancal.

Exact. Ma sœur a opéré de la hanche le chiot qu'on allait euthanasier pour sa hanche presque déboîtée. Il gambade, mais il a une patte complètement folle.

24 janvier 2017

Voeux perpétuels

Je vous souhaite une excellente année 2017, puisque, si l'on en croit mon manuel de savoir-vivre, je suis encore dans les temps pour vous présenter mes vœux.

Que les réseaux sociaux vous soient toujours propices, et que les commentaires positifs, les likes et les pouces bleus vous accompagnent, et que les pustules infestent le postérieur déjà vérolé de l'infâme commentateur qui osa une remarque ironique sur vos gazouillis.

Que l'amour et la passion animent vos jours et surtout vos nuits, avec le retour de l'être aimé garanti par un don héréditaire de mère en fils, et que l'urticaire géant envahisse l'épiderme du même être aimé s'il/elle s'avise de repartir.

Que votre patron se pâme devant vos résultats exceptionnels et que vos collègues envient toute l'année cette extraordinaire baraka qui vous donne la fève dans la galette, vous fait gagner le lot de serviettes en papier au concours de la cantine et vous sert toujours le dernier verre lors des nombreux pots qui émaillent le départ de ces veinards de retraités.

Je rappelle que, contrairement aux hypocrites formules de vos contemporains, mes vœux fonctionnent en continu toute l'année.


28 décembre 2016

Petit escargot...

Le dernier (en date) de mes neveux est le plus sociable et le plus sympa des bébés de la Terre (je vous mets au défi de me prouver le contraire). Il tend les bras pour être dorloté par la plus gâteuse des tantes (le concours est ouvert entre ma sœur et moi). Bref, il est a-do-ra-ble. Et asymétrique : il a trois quenottes, en bas.
Par conséquent, il se laisse pousser le reste des dents.
L'opération s'accompagne de la production de litres de salive.

Cet enfant a trouvé le moyen de m'empêcher de parler.

Première étape : il se fourre les doigts dans la bouche et bave dessus.
Deuxième étape : il repère le moment où je prends la parole.
Troisième étape : il me fourre les doigts gluants de salive de bébé dans le bec.


14 décembre 2016

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt

Calliope et Polymnie m'ont tirée du lit pour me faire participer à la "Matinale en cavale".

Mais il fallait une motivation bien puissante pour faire retentir mon réveil un dimanche matin. Participer à un concours d'écriture en est une.

Samedi dernier, je me suis levée encore plus tôt. Là, pas de Muses pour me tenir compagnie au petit-déjeuner. Mais des obligations de mère. De mère d'élève plus précisément. La prof principale de Viking n°2 a convoqué à 8 heures les parents des élèves qui n'ont pas besoin d'un rendez-vous individuel. Et ils n'ont pas besoin d'un rendez-vous individuel parce les résultats scolaires de leurs enfants sont très bons.

Donc, mon réveil sonne à 6h30 parce que mon fils a une moyenne générale... supérieure à 15/20.

Je ne veux pas que le monde m'appartienne.

12 décembre 2016

L'explorateur

Précédé par d'illustres aventuriers, Tom espère que vous irez lire son histoire, et que vous apporterez vos suffrages à son auteure. Votez si vous aimez !

1 décembre 2016

Oh ! When the saints...

Certaines voix me font fondre. Moi qui suis bavarde, je peux me taire et écouter des gens pendant des heures. J'ai des frissons, parfois les larmes aux yeux. Guimauve ou mélo, je suis tout ouïe dès les premières notes.

Cette voix-là a bercé bien de merveilleuses heures.

Merci M. Cohen.

29 novembre 2016

A un poil près

Mon patron est assez créatif.

Il a organisé des tchats. Nous faisons bien attention d'écrire et surtout de prononcer ainsi ce mot anglais.

Quand il me fait venir dans son bureau pour faire le point avec un autre collègue, il m'interpelle :

- il faut qu'on parle de \ʃat\

(dit comme ça, on dérape vite). J’enchaîne.

- ça tombe bien, c'est un sujet que je maîtrise parfaitement.

Là, il devient gris et une lueur de panique s'allume dans le regard de mon collègue, tiers silencieux de notre échange.

- j'en ai deux.

L'un commence à virer au vert malsain, l'autre a les pupilles qui tentent d'échapper à la situation.

- ce week-end, nous sommes passés à la SPA et j'ai adopté un chat. Je m'y connais hyper bien en félins.

Les deux laissent filer un long soupir.

27 novembre 2016

Leçon de scrabble

Viking n°2 jongle avec les notes et les coefficients. Alors que je m'émeus à haute voix d'un 0/10 porté en cartographie, il se livre à une longue harangue.

- la carto, c'est mortel. Déjà que la géo, c'est soporifique, mais apprendre une carte, ça lui parait absurde quand on a un GPS et deux téléphones dans son sac.

- le coefficient de cette note était de 0,5. Il a donc privilégié le contrôle de maths, au coefficient plus élevé, dans une matière plus noble _ il adore les fonctions _ et plus prisée pour entrer en classe prépa.

- il a bien compris que nous, ses parents, ne croyons pas nous même au discours qui consiste à réclamer des efforts dans toutes les matières, qui seraint toutes aussi importantes les unes que les autres.

- dès lors, comme au scrabble, il utilise ce dont il dispose et cherche la combinaison qui "paie" le plus.

- et ça marche, parce que ça fait cinq bonnes minutes que je l'écoute et je ne suis plus en colère.

Et la carto, honnêtement, ça ne sert à rien quand on n'exerce pas un métier qui commence par "géo-"

Finalement, c'est presque dommage qu'il n'envisage pas de plaider un jour.

25 novembre 2016

Moody monday

Le temps maussade pleuvait un vilain crachin, entrecoupé de rafales chargées de feuilles poisseuses.

Le cimetière est plein d'histoire, la salle de la coupole miroite de mosaïques, nous sommes bien nombreux à nous serrer les uns contre les autres, signe tangible qu'une amitié, une chaleur, une générosité circula entre nous.

Mais voilà, Père Lachaise, salle de la Coupole, nous sommes réunis pour dire adieu à une belle personne, une vraie compagne de galères, un esprit pointu. Nous regardons en reniflant défiler les photos d'une vie. Par intermittence, on plonge dans un misérable mouchoir et on se sent terriblement seul. Il fait moche et sombre, et Mozart n'enlace pas nos âmes. Nous avons les pieds lourds malgré les sourires de sympathie accrochés à nos visages.

Farewell, Claire, ta présence était aussi lumineuse que ton prénom.